Tombeau de Jacques Drillon : « C’était notre Mozart »

https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20211225.OBS52557/tombeau-de-jacques-drillon-c-etait-notre-mozart.html

Je viens de recevoir un coup de massue. Certes, je n’avais plus de nouvelles régulières de Jacques Drillon depuis longtemps. Nous avons été proches alors qu’il m’avait sollicité pour soigner Anne, sa première femme décédée d’un cancer. Ce fut une longue bataille et un temps difficile pour lui…

Bien entendu il m’avait battu au Ping pong et il connaissait parfaitement la matière médicale des grands polychrestes homéopathiques. Je sais qu’il était affecté de ne pas être un virtuose du piano, mais j’aurais bien aimé jouer comme lui. C’était un puit sans fin de connaissances et quelle discrétion, quelle humilité! Il a tout abordé avec excellence, il était démiurge.
J’ai été tellement impressionné par Jacques et par cette incroyable connaissance, son érudition immense et son talent que lorsque la vie nous a éloignés je n’ai jamais osé le recontacter que par légères touches comme une patte de chat et à chaque fois il a répondu présent. Je me sentais si petit. Le “Traité de la ponctuation française” que je possède est bien usé et souligné de long en large. Jacques, tu viens de t’enfuir contraint et forcé, atteint de la même maladie que celui que tu considérais comme ton fils, Antoine Percheron. J’ai pleuré en lisant “l’Un et l’autre”. Là, je suis abasourdi, anéanti, lui, si jeune, si beau, si grand! Je pense à “Lecœur” (désolé pour le lapsus) et lui présente toute mes condoléances. A Blaise aussi que je n’ai pas connu. Toutes mes condoléances à ses proches.
Je suis médecin et je hais l’oligodendrogliome.

https://larepubliquedeslivres.com/pour-saluer-jacques-drillon/

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