LA FAILLITE DU BCG

C’est celle du livre du Professeur Marcel FERRU: La faillite du BCG (1977) Je la recopie in extenso.

L’impérieuse conclusion

Ne faites jamais rien contre votre conscience, même si l’Etat vous le demande  EINSTEIN

Au terme de notre longue étude rétrospective, qui nous a conduits à revenir aux faits, la conclusion se situe en dehors et au-dessus des stériles conflits de personne et des néfastes rivalités d’école.
     Elle apparaît claire et s’impose comme un impératif catégorique: elle constate que la faillite du BCG est l’aboutissement inévitable d’une dévaluation progressive de ce vaccin, au laboratoire, en vaccination animale et en vaccination humaine, mais qu’elle a été aussi gravement conditionnée par l’intrangiseance doctrinaire de l’orthodoxie bécégéiste, qui n’a tenu aucun compte du sage avertissement du Pr MOUSSU
(déclarant en 1928 la méthode de Calmette engagée dans une vois sans issue) et qui a souvent transgressé ensuite les règles primordiales de la libre discussion et de l’information rigoureuse.
      Quand on reprend une à une les notions-trop vite érigées en dogmes- qui ont servi de fondements à la vaccination par le BCG et qu’on les confronte avec les données acquises au cours d’un demi-siècle en matière de prophylaxie antituberculeuse, on est irrésistiblement conduit à constater qu’aucun de ces dogmes, malgré de profondes modifications de techniques, et de subtils ajustements de termes, n’a pu résister à l’implacable érosion du temps.
       1. La tuberculose est bien une maladie infectieuse, qui se transmet assentiellement par contagion externe; mais elle peut aussi se transmettre directement par la mère (contagion interne), sous forme de tuberculose dite congénitale, dans laquelle le bacille atteint le foetus par le sang du cordon ombilical ou par le liquide amniotique où il baigne. On ne peut donc plus dire que l’enfant naît toujours vierge de tuberculose, d’autant moins que la notion d'”hérédité infectieuse” (Pr Jacob) est reconsidérée aujourd’hui de façon pénétrante en biologie moléculaire.
        2. Le test positif à la tuberculine est une réaction d’allergie cutanée témoignant seulement que l’organisme a été infecté par le bacille de Koch, mais non point qu’il se trouve doté de ce fait d’une immunité réelle.
            Le test négatif, de même, ne signifie pas que le sujet soit dangereusement exposé à la contagion, mais plutôt qu’il possède une résistance innée particulière ou qu’il s’est déjà défendu victorieusement contre la maladie. Il est alors illogique de vouloir le vacciner ou le revacciner, d’autant plus que la fréquence des revaccinations s’est révélée vaine expérimentalement.
            L’épreuve tuberculinique n’en demeure pas moins un moyen précieux et indispensable de dépistage des cas nouveaux d’infection partout où l’inoculation allergisante du vaccin BCG, abusivement systématique n’est pas venue préalablement brouiller les cartes.
         3.  La loi de Marfan, interprétée à tort dans le sens d’un effet protecteur assuré par une primo-infection légère, a perdu toute autorité depuis longtemps devant trop d’observations cliniques contradictoires. Comme la vaccination par le BCG a précisément pour but de créer une première infection bénigne, procurant au sujet une allergie prétendument équivalente à l’immunité, il va de soi qu’elle n’a plus sa place dans la prophylaxie antituberculeuse.
         4. Le BCG n’est pas d’une innocuité absolue. Malgré sa virulence atténuée-non pas fixe comme on l’avait cru, mais très variable- il garde un pouvoir pathogène propre capable éventuellement de provoquer divers accidents, de gravité très différente, dont l’authenticité est reconnue maintenant par ses protagonistes les plus qualifiés.
         5. L’efficacité du BCG, enfin et surtout, est elle aussi fort loin d’être absolue, contrairement aux affirmations de Calmette, obstinément propagée par ses partisans. Dans l’état actuel de nos connaissancesle BCG, même correctement administré, ne protège pas en pratique contre la contagion courante par les semeurs de bacilles: il ne peut plus-il n’aurait jamais dû- être prôné comme “un merveilleux vaccin”.
         6. La découverte de nouveaux et puissants agents antituberculeux a suppléé providentiellement l’échec effectif du BCG. C’est en effet la chimiothérapie bacillaire, appliquée depuis une trentaine d’années, qui a déclenché le brusque déclin de la courbe de morbidité de la tuberculose, déclin d’ailleurs semblable dans tous les pays de standing comparable, qu’ils aient adopté ou non la vaccination obligatoire.
         7. Si l’efficacité spectaculaire de cette thérapeutique est le principal facteur de régression de la morbidité tuberculeuse, elle ne doit pas moins être conjuguée avec les méthodes éprouvées de dépistage et d’isolement des tuberculeux, c’est à dire de protection vigilante contre la contamination, celle des sujets jeunes en particulier.

Le moment est donc impérieusement venu de suspendre  toute obligation légale de la vaccination de Calmette et Guérin tant que nos chercheurs, conjuguant incessament leurs efforts, confrontant rigoureusement leurs résultats expérimentaux et leurs observations humaines, n’auront pas découvert le secret ténu de l’immunité antituberculeuse spontanée, si capricieuse, ni réussi ensuite à la créer artificiellement.
             Il faut souhaiter que l’un de ces chercheurs-peut-être un pastorien, surement un futur prix Nobel-parvienne à faire du BCG, par un prodigieux recyclage biochimique, non point un vaccin spécifique périmé, mais un actif stimulant polyvalent, inoffensif et sûr, de notre admirable système immunitaire de défense.
             Alors serait pleinement satisfaite, dans l’indispensable prophylaxie de la tuberculose, l’invariable règle d’or du bon sens- ce “maître de la vie humaine”, si l’on en croit Bossuet…

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