NDLR: La population, en tout cas une partie non négligeable de la population – et qui n’est pas la plus érudite, mais l’érudition ne remplace pas le bon sens – a pris conscience de ce qu’est la Doxa et son discours. A vouloir démontrer l’indémontrable par des chiffres (les chiffres, “cela ne se discute pas” et justement ce sont les chiffres qui se discutent, car il n’y a rien de plus manipulable que les chiffres), le mensonge de ces “démonstrations” éclate dans les circonvolutions cérébrales de tout être humain normalement constitué.
Comment donc connaître la Vérité et la faire éclater quand tant de mensonges doxiques nous intoxiquent. Nous intoxiquent, car la publicité de médicaments tels que le Vioxx est comparable à la publicité du Round-up. On nous vante et on nous vend des produits qui tuent en en disant le plus grand bien et cela dans une impunité TOTALE et en toute connaissance de cause, c’est-à-dire avec préméditation. Tout ça au profit d’intérêts économiques.
Depuis la Covid 19 un seul réflexe de pensée binaire peut vous sauver la vie: Écouter la Doxa et faire l’inverse de ses conseils. En matière de vaccination, la résultante est:
Gardez votre système immunitaire, protégez-le, choyez-le et ne vous faites JAMAIS vacciner
Nous accueillons aujourd’hui avec joie et respect le Docteur Laurent Vercoustre, ancien chef de service en gynécologie-obstétrique, auteur reconnu(*) et toujours très au fait de tous les sujets sociétaux brûlants(**). Le Ministre français actuel de la Santé ayant récemment présenté sa vision de la protection sanitaire de nos populations par la lutte contre la désinformation que certains sites comme les nôtres diffuseraient volontairement, il ne faut pas s’étonner que de nombreux opposants à la politique sanitaire actuelle s’agacent de cette mise en accusation. Le bio-pouvoir qui voudrait que la vérité scientifique lui appartienne(***), est-ce possible ? Bonne lecture.
Introduction
Notre Ministre de la Santé, Monsieur Neuder, a annoncé un plan de lutte contre « l’obscurantisme et la désinformation en santé » lors d’un récent colloque au Ministère de la santé(1). Monsieur Neuder a bien précisé le sens qu’il donnait au mot désinformation : « ce sont les pratiques non conformes aux données de la science et de la médecine fondée sur les preuves ». C’est ainsi qu’il s’est engagé à lutter contre « la montée des discours complotistes et des dérives sectaires ». L’évènement date du 18 avril dernier (photo). Et sans doute pour conférer une certaine solennité à ses déclarations le Ministre a ajouté « Je souhaite qu’aujourd’hui soit le jour 1 de la guerre contre la désinformation .»
Vérité et désinformation
Je salue votre profession de foi; Monsieur le Ministre. Votre exigence de vérité vous honore. La tâche est loin d’être facile. Le philosophe Michel Foucault nous met en garde : « La tâche du dire vrai est un travail infini : la respecter dans sa complexité est une obligation dont aucun pouvoir ne peut faire l’économie. »
La question de la vérité hante la philosophie depuis ses origines. C’est en effet la vérité qui est l’objet du texte fondateur de la philosophie occidentale. Ce texte, c’est l’Apologie de Socrate rédigée par Platon. Socrate est condamné à mort pour avoir cherché la vérité. Socrate n’est pas condamné pour avoir dénoncé telle ou telle faute au nom d’une vérité qu’il prétendrait détenir, mais — et c’est le paradoxe qui fait toute la grandeur du texte—au nom d’une quête de la vérité dont il cherche à définir les critères.
Certes, la quête de vérité dans le domaine médical n’est pas punie de mort. Cependant la censure des pouvoirs publics à l’égard de certaines vérités, je pense au vaccin COVID, reste un scandale absolu.
Nous y reviendrons.
Maladies un jour…
Examinons d’abord les « figures de la vérité » propres à la médecine. La médecine a cette particularité qu’elle ne produit jamais de vérités définitives. Dans les sciences dures comme la physique, la chimie, les lois sont définitivement acquises. Faites l’expérience d’ouvrir un livre de médecine d’il y a seulement une quarantaine d’années, vous ne reconnaîtrez plus vos maladies. Les médecins qui nous succéderont auront la même surprise en ouvrant dans quelques décennies les livres de médecine que nous consultons aujourd’hui.
Nos maladies procèdent d’une construction intellectuelle toujours provisoire. Nous objectivons un phénomène pathologique à travers des techniques qui évoluent et chaque progrès technique nous en offre un nouveau point de vue.
Les maladies peuvent aussi changer. On peut dire que chaque période de l’histoire a rencontré son lot de maladies. Au Moyen Âge les deux principales maladies étaient la peste et la lèpre. La transition épidémiologique qui est intervenue au tournant du XIXe et du XXe siècle a profondément modifié nos maladies.
De l’ère des maladies infectieuses nous sommes passés à l’ère des maladies chroniques. Enfin, avec l’irruption de la pandémie COVID, l’homme s’est trouvé devant une maladie radicalement nouvelle.
Autre « figure de la vérité médicale », la médecine fondée sur les preuves. Dans notre médecine moderne, les traitements et les pratiques sont subordonnés à la rationalité que l’on nomme la médecine fondée sur les preuves, ou encore en anglais – et ceci pour rendre justice à ceux qui l’ont conçue – Evidence Based Medicine ( EBM). Il convient de bien situer le rôle, la fonction de l’EBM dans notre médecine. Les vérités délivrées par l’EBM ne sont jamais des vérités universelles et transhistoriques. Elle ne sont pas du même ordre que celles des sciences expérimentales comme la biologie.
La césarienne, un progrès pour l’Humanité?
Les vérités obtenues par la biologie sont des vérités de nature qui sont universelles et constantes dans l’histoire de l’humanité. Ainsi le taux de sucre dans le sang est constant dans l’espèce humaine, et cela depuis toujours. Les conclusions de l’EBM sont au contraire toujours liées aux conditions de l’expérience. Je prendrai comme exemple une étude qui relève de ma spécialité. Elle concerne la présentation du siège. Les obstétriciens savent depuis toujours que cette présentation occasionne un risque fœtal supérieur à celui de la présentation céphalique. Une canadienne, Marie Hannah, a réalisé une étude conforme aux exigences de l’EBM pour savoir si une césarienne prophylactique proposée aux présentations du siège améliorerait le pronostic fœtal.
L’étude a conclu en faveur de la césarienne et depuis cette date une grande majorité des pays occidentaux ont imposé la césarienne de principe dans les présentations du siège. Comment imaginer un instant que cette règle ait une valeur transhistorique quand on sait que la césarienne n’existe que depuis deux siècles à peine ? Elle ne peut pas non plus être considérée comme universelle tant il est vrai que dans certains pays, comme les pays subsahariens, la pratique d’une césarienne équivaut à un arrêt de mort pour la mère. Le véritable rôle de la médecine fondée sur les preuves est de tester les hypothèses issues des sciences fondamentales et de donner une réponse pragmatique aux questions d’efficacité et de sécurité d’un traitement ou d’une pratique.
Ceux-ci sont-ils réalisables et efficaces dans la vraie vie ? Et il ne faut pas s’y tromper, l’objet de l’EBM n’est pas l’individu mais la population. Et celle-ci peut jouer la population contre l’individu.
Je reprends l’exemple de l’étude de Marie Hannah. Une patiente lambda peut exprimer le désir d’un accouchement par les voies naturelles et dire à son obstétricien : « j’ai conscience du sur-risque que mon bébé court en optant pour la voie basse, mais je l’estime faible et je tiens à faire l’expérience d’un accouchement par les voies naturelles. » Les conclusions de l’étude de Marie Hannah donnent à l’obstétricien le pouvoir de refuser la requête de la patiente. Par ailleurs, la médecine fondée sur des preuves est au service du bio-pouvoir. L’EBM réalise en effet l’incorporation dans la pensée médicale, d’une logique coût-efficacité.
Vérité scientifique et mensonges
Examinons maintenant ce qui fait obstacle à la vérité scientifique. On doit à Karl Popper, philosophe des sciences du XXe siècle, le principe de réfutabilité. La vérité n’est scientifique qu’à la condition d’être réfutable.
Ce qui signifie qu’une théorie n’est « scientifique » que si les principes qui la constituent conduisent à au moins une prédiction suffisamment précise pour pouvoir être testée par une expérience ou une mesure susceptible de la réfuter.
Prenons comme exemple la controverse du cholestérol. La conviction du rôle du cholestérol dans les maladies cardiovasculaires a aujourd’hui le statut d’une croyance religieuse. Ses partisans font appel au grand nombre de personnes qui sont de leur bord ou encore à l’ancienneté de leur théorie. Ils n’en proposent aucune démonstration qui donne la possibilité d’une réfutation. Ce concept de réfutation peut sembler paradoxal.
Il s’agit d’exiger d’une démonstration qu’elle présente au moins un argument empirique qui, s’il n’était pas conforme à celui de l’étude, invaliderait celle-ci.
Enfin, l’obstacle le plus évident à la vérité est bien sûr le mensonge. Ce mensonge est le plus souvent au service d’intérêts économiques. « La médecine est entrée dans l’économie » proclamait Foucault.
Ainsi la médecine partage les dérives de l’économie, et même sans doute les dépasse. Les gains accumulés par Big Pharma grâce au vaccins COVID ont atteint des niveaux stratosphériques. En 2022, Pfizer aura réalisé un C.A. de plus de 100 milliards de dollars. Devant de tels chiffres il est difficile de concevoir quelque rigueur scientifique dans l’élaboration des vaccins.
De fait l’expérience de la vaccination aura été un complet désastre, ne laissant derrière elle que la sombre litanie de ses innombrables effets indésirables. Et c’est au prix d’incroyables mensonges que ces vaccins ont été distribués aux quatre coins de la planète. Une alerte sanitaire a été déclarée par l’Association Les Enfants d’Hippocrate qui réclame un retrait immédiat des produits à ARNm(2).
Le mensonge peut exister en pleine conscience. Ainsi dans le fameux scandale du Vioxx© il a été vite avéré que le laboratoire Merck connaissait les effets secondaires potentiellement mortels avant même de lancer le Vioxx© en 1999, mais avait dissimulé les résultats inquiétants de ces études. Le scandale du Vioxx aura eu le mérite d’imposer aux études de la littérature médicale une plus grande rigueur et un contrôle des sources sur lesquelles se fondaient ces études. Ces mesures auront une réelle efficacité, au point qu’on a pu parler d’ères pré-Vioxx et post-Vioxx.
Il convient de rappeler que les études concernant les statines montraient une efficacité extraordinaire dans la période pré-Vioxx, efficacité jamais retrouvée en période post-Vioxx.
A qui appartient la Vérité
La question est maintenant de savoir qui est le dépositaire et le garant de la vérité. L’Académie de Médecine, en proclamant « il n’y a qu’une seule médecine, la médecine scientifique », s’approprie implicitement ces rôles. L’irruption de la pandémie COVID au début de l’année 2020 a eu l’effet d’un véritable séisme au sein de notre corps médical. On peut dire que la crise de la COVID est bien une crise de la vérité médicale. Cette crise résulte d’une certaine confusion entre deux états de la connaissance : la science et la recherche.
La science est ce corpus de connaissances, de lois qui régissent l’univers et qui sont définitivement admises. Prenons l’atome : aujourd’hui il ne viendrait à l’esprit de personne de contester la notion d’atome. Pourtant, combien de siècles le cheminement de l’esprit humain a parcourus avant de parvenir à cette certitude ! Certes, comme je l’ai dit plus haut, les objets des sciences dures comme la physique ont une pérennité qui traverse les siècles, tandis que les objets de la médecine n’ont pas cette stabilité à long terme.
Mais il faut reconnaître que l’empressement des médecins, empressement légitime compte tenu de l’évolution de la pandémie, a brouillé les cartes. La temporalité de la recherche est celle d’un temps long ; et son éthique est celle d’admettre son ignorance, une éthique docratique en somme : « tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ».
On ne peut pas dire que nos médecins se soient conformés à ces exigences. Jamais on n’avait compté autant de médecins en quête de célébrité défiler sur les plateaux de télévision et dans les studios de radio, chacun affirmant ses convictions sur la pandémie. Les médias ont fait leur miel de ces dissensus.
C’est ainsi que les incertitudes de notre médecine ont été exhibées au grand jour dans l’espace public. Ce qui va profondément modifier les rapports entre le citoyen et la médecine. Le discours médical ne fait plus autorité et chaque citoyen va estimer qu’il est en droit d’avoir une opinion personnelle sur tel ou tel problème médical.
Conclusion
La crise de la COVID aura eu pour conséquence – c’est là un fait capital – la fracture entre le pouvoir, c’est-à-dire l’autorité sanitaire, et une partie du corps médical. Le discours de l’autorité sanitaire va prendre la forme d’une doxa. Qu’est-ce que la doxa ? Laurent Mucchielli dans son ouvrage « La Doxa du COVID » nous éclaire sur ce concept. La doxa est d’abord « une narration destinée à faire adhérer le public à une explication, à l’éclairer sur l’histoire qu’il est en train de vivre ».
La doxa est sociologiquement une norme de pensée qui a pour impératif la protection de l’ordre social. Elle est en effet ajustée aux catégories de l’ordre établi et s’impose avec l’apparence de la nécessité objective. Elle est par essence le discours de l’autorité. Que dit ce discours ? Que ce sont les plus compétents qui gouvernent, ceux qui maîtrisent l’information scientifique et ceux qui disposent d’études avec des chiffres indiscutables. C’est alors légitimement sur eux que se fonde un consensus scientifique. Ainsi les vérités qu’annonce la doxa sont à prendre comme un tout, elles ne sont pas détachables. C’est là sa faiblesse. C’est pourquoi la vérité médicale apparaît comme très compromise.
En face de cette doxa il y a ce que j’appelle les contre-discours. Ils sont tenus par des personnalités isolées ou par des associations. Contrairement à la doxa, leur liberté d’expression est totale et la vérité scientifique est plus souvent de leur côté.
C’est ainsi qu’aujourd’hui on peut considérer que le Conseil Scientifique Indépendant est un des bastions de la vérité scientifique qu’il défend avec beaucoup de dynamisme et de créativité. Les tenants de ces contre-discours sont donc nécessairement en conflit avec la doxa qui les décrédibilise en les taxant de complotistes.
Il me reste à souhaiter, Monsieur le Ministre, que vous n’empruntiez pas la voie de la doxa mais plutôt celle de la vérité scientifique.
Dr Laurent Vercoustre
Juin 2025
Notes et sources
(*) https://www.aimsib.org/2021/06/13/du-cholesterol-dans-un-roman/
(**) https://www.aimsib.org/2020/10/18/la-menace-daccouchement-premature-nexiste-quen-france/
(***) https://www.aimsib.org/2024/03/03/personne-ne-connait-la-biopolitique-mais-elle-elle-vous-connait-parfaitement/
(1) https://sante.gouv.fr/actualites/actualites-du-ministere/article/colloque-au-ministere-pour-la-lutte-contre-la-desinformation-en-sante
(2) https://www.aimsib.org/2025/05/25/alerte-sanitaire-sur-les-vaccins-arnm-contre-la-covid-19/