Deleuze et les médecins

Florilège extrait de l’Abécédaire à M comme Maladie.

“J’ai une grande haine non pas pour la personne des médecins qui sont souvent charmants, délicieux, mais pour le pouvoir médical et la façon dont les médecins l’utilisent. Comme ils travaillent de plus en plus avec des appareils et des épreuves, assez désagréables pour le patient, épreuves dont on a l’impression qu’elles n’ont absolument aucun intérêt sauf de les conforter dans leur diagnostic, il n’y a qu’une chose qui me ravit et en même temps qui les mécontente, c’est à chaque fois que j’ai pu passer ‘sous’ leurs appareils, que mon souffle était trop mince pour être enregistré, ma joie, c’est qu’à ce moment là, ils sont fou furieux, ils haïssent leur patient. Ils acceptent très bien de se tromper de diagnostic mais ils n’acceptent pas qu’on ne soit pas saisi par leurs appareils dont ils jouent de façon inadmissible.
Et puis ils sont trop incultes ou alors quand ils se lancent dans la culture, c’est une catastrophe. Enfin ce sont de drôles de gens les médecins. Ma consolation, c’est qu’ils gagnent beaucoup d’argent mais qu’ils n’ont pas le temps de le dépenser vraiment, d’en profiter parce qu’ils mènent une vie extrêmement dure. “…

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